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TuttoDante will be held tonight in Basel (Switzerland)

Gross in der Regie – gross auf der Bühne Roberto Benigni, 56, bringt seine Erfolgsshow «Tutto Dante» nach Basel. Der italienische Oscar-Preisträger ver­zaubert mit Witz, Ironie und viel Poesie.

[Click here for the English translation by Google]
Schweizer Illustrierte – Text Kati Moser

Signor Benigni, am 14. Mai sieht man Sie endlich auch bei uns. Haben Sie etwa auch ein Bankkonto in der Schweiz?
Das verrate ich Ihnen doch nicht! Ich war aber schon mehrmals in der Schweiz und würde gerne mal durchs Land touren.

Ach ja? Wieso gerade durch die Schweiz?
La Svizzera è un grande paese, ein grosses Land, das am wenigsten seinem Klischee entspricht.

Klischee? Welches Klischee?
Man sagt, es sei ein kaltes Land und die Einwohner seien distanziert. Das stimmt gar nicht. Ihr seid warmherzig und habt uns vieles geschenkt, darunter auch die Schweizergarde! Wir Italiener haben dieses Bild der Schweizer, die den Papst und unsere Seele beschützen (lacht). Die Seelen dieser Welt. Und der Papst wählte die Schweizer damals aus, weil sie stark waren und frei. Zudem wollt ihr keine Kriege führen, weil ihr dem Krieg für immer abgeschworen habt.

Sie sind ein richtiger Vatikan-Kenner. Würden Sie einen Film über den Papst drehen?
(Überlegt lange.) Weiss nicht. Auf einen neuen Film hätte ich schon Lust. Doch im Moment fehlt mir die zündende Idee.

Haben Sie als Oscar-Preisträger überhaupt noch Wünsche?
Eigentlich bin ich ein Mann ohne Wünsche. «Die Welt ist voll der Tränen, der in Erfüllung gegangenen Wünsche», sagte einst Mutter Teresa. Da ich in «Tutto Dante» aus der «Göttlichen Komödie» von Dante rezitiere – dem Buch der Wünsche schlechthin –, kann ich es mir aber nicht leisten, keine Wünsche zu haben! Also verrate ich einen: Ich würde gerne eine Farbe ent­decken, die ich noch nie gesehen habe.

Dann werden Sie jetzt zum Maler?
Keine Angst! Vom grossen italienischen Dichter Dante kann ich mich nicht losreissen. Ihm bleibe ich treu. Er offenbart uns die menschliche Seele, das wahre Leben. Sein zeitloses Werk vermittelt uns den Geschmack des Glücks, «the flavour of happiness»!
10. Mai 2009


*Are you going to see TuttoDante in Basel? After seeing the show, write and send your personal review/comments to: info@unbenignidanobel.it …We’ll publish your articles in this blog.

*Per coloro che assisteranno allo spettacolo: inviateci i vostri commmenti e recensioni a: info@unbenignidanobel.it …Pubblicheremo tutto sul sito.


Un commento su TuttoDante a Basilea inviato da un nostro lettore:

Ciao a tutti
Ho visitato il 14 Maggio a Basilea una tappa del Tour di Benigni.
Benigni non si puo descrivere; lui la da solo sul palco, con il leggio, un fazzoletto in tasca e basta, fa sprigonare energie che invadono tutta la platea !!!
Moltissimi pensieri mi sono rimasti impressi nella mente…
Benigni oltre che esser da Nobel, dovrebbe essre fatto Papa !!!
Un Saluto
Salvatore

Rencontre avec l’acteur Roberto Benigni au Journal de la Télévision Suisse

Rencontre avec l’acteur Roberto Benigni, qui sera samedi à l’Arena de Genève 17 avril 2009, 19:30 L’artiste s’attaque à un monument de la littérature avec le spectacle “TuttoDante”. Le talent et la drôlerie de Benigni réinventent ce monument littéraire italien. La critique et le public saluent un grand moment de théâtre.

Le «19:30» de vendredi dernier restera dans les annales de la TSR grâce à la rencontre du comique Roberto Benigni venu jouer «Tutto Dante» à l’Arena, et de son intervieweur, Darius Rochebin, dont le professionnalisme et le sang-froid ont été mis à rude épreuve.

Entrée en matière du comédien italien : «Je suis fasciné de vous! (…) C’est ma première fois avec vous à la télé suisse! Mais laissez-moi vous embrasser…»

Tout pouvait donc arriver pendant le JT mais le présentateur a réussi l’exploit de canaliser Benigni, enfin presque ! Le comédien et réalisateur a fini par prendre le pouvoir et présenté lui même la fin du journal en enlevant sa veste et son pull légué au journaliste pour sa “bravitude”.

Le piccolo diavolo chante Dante

Par Antoine Duplan – L’Hebdo

En récitant La divine comédie assortie de quelques commentaires sur l’actualité, le bouffon sublime remet la poésie au centre de la vie publique italienne. Rencontre avec un humaniste exubérant, bientôt en représentation à Genève.

La maman de Roberto Benigni ne savait pas lire. Mais elle respectait les grandes œuvres de la littérature italienne. Elle invoquait Pinocchio et La divine comédie pour ramener son diablotin de fils sur le droit chemin. Elle criait: «Attention Robertino! Si tu dis des mensonges, Dante t’emmènera en enfer. Et tu auras un grand nez comme Pinocchio.» Sommé de lire La divine comédie et, qui plus est, d’écrire quelque chose d’aussi bien que Dante, le garnement s’exécutait. Bien sûr, en allant se coucher, il avait un peu peur parce que les visions du poète sont impressionnantes. «Mais quand je me réveillais, j’étais très content d’être au monde, parce que Dante m’avait pris la main, conduit avec lui jusqu’au ciel. Parce qu’il m’avait dit que j’étais d’essence divine…»
Roberto Benigni n’a jamais abjuré les enseignements de la mamma. En 2002, il porte Pinocchio à l’écran. A la télévision et sur scène, il commence aussi à faire des lectures de La divine comédie, qu’il entrelarde d’improvisations hilarantes et de commentaires politiques cinglants.

L’amour du beau. La rencontre du piccolo diavolo et du sommo poeta a un impact énorme dans une Italie que le berlusconisme dessèche moralement, intellectuellement et spirituellement. Humaniste exubérant, Benigni catalyse les retrouvailles entre un peuple et son texte fondateur, ramène la poésie au milieu de la piazza.
Modeste, il buffo se contente de dire qu’il a mis sa «popularité au service de Dante». Les ventes de La divine comédie explosent. Les performances du comédien ont l’ampleur de concerts rock, 5000, 10 000 personnes dans un stade, qui hurlent «Roberto! Canto V! Canto XXXIII!» La police a même arrêté un voleur de voiture, livre à la main, en train de vérifier dans le premier cantique à quelle sauce les voleurs étaient mangés en enfer…
Portée par Benigni, l’œuvre sublime se diffuse dans toutes les couches de la société italienne, en dépit de son indéniable complexité: l’italien du XIVe siècle est abstrus, les références historiques, symboliques, théologiques viennent à manquer. «Mais il est très bon pour la santé de parler de choses incompréhensibles, rugit le comédien. Je remercie Dante d’avoir écrit quelque chose de difficile. Merci! Nous vivons dans un monde où tout est tellement frivole. Quelle est la capitale de la France? Paris! Oh, très bien, bravo! 20 000 euros pour vous! Alors, quand on rencontre quelque chose comme La divine comédie, on dit “merci beaucoup”.» Le succès de l’entreprise Tutto Dante déborde de l’Italie. Benigni exporte la parole du Poète en France, en Allemagne. En Espagne, en Russie, aux Etats-Unis… Dans les pays non italophones, il s’appuie sur des sous-titres, recourt à ce français traviatant ou à ce toscanglais qu’il maîtrise parfaitement. Il réserve toutefois l’italien pour évoquer le sacré, car cet accent «serait un peu blasphématoire pour parler de Dieu et de la Vierge Marie. En revanche, il s’accorde très bien avec des sujets plus vils, comme Berlusconi», rigole-t-il.

L’amour en enfer. Des trois chants qui composent La divine comédie, l’Enfer a toujours été le plus populaire. «Comme disait Mark Twain, je choisis le Paradis pour le climat; mais l’Enfer pour la compagnie… C’est plus intéressant. L’Enfer, qui pénètre très profondément dans la conscience humaine, est le plus célèbre des trois cantiques. Mais quand tu vois le Paradis… Mamma mia! Dante t’emmène voir Dieu. Il te dit que tu es Dieu, que nous sommes les dépositaires d’un destin immense! Après avoir lu La divine comédie, il n’est plus possible de regarder les hommes d’un œil distrait! Nous sommes un mystère! Un miracle!»
A Genève, Roberto Benigni va se concentrer sur le Chant V, qui parle de l’amour et de la luxure. Guidé par Virgile, Dante s’avance dans le premier cercle de l’Enfer. Il s’y confronte à la toute-puissance et à la terreur de l’amour. Il s’entretient avec deux «âmes haletantes» charriées par le vent mauvais: Francesca de Rimini et Paolo Malatesta, qui ont succombé aux feux de la passion et ont été transpercés d’un coup d’épée par le mari jaloux. «Nulle douleur n’est pire que de garder du temps heureux mémoire dans le malheur», explique la réprouvée au Poète qui se pâme de pitié.

L’amour des femmes. La modernité de Dante émerveille Benigni. Théologien et philosophe, activement engagé dans la vie publique, le poète florentin a tout inventé. La laïcité, puisqu’il voulait séparer l’Eglise et l’Etat. L’encyclopédie quelques siècles avant Montesquieu. La langue italienne. «Il a inventé la poésie et les instruments aussi. Il est comme un charpentier qui n’invente pas seulement la scie, mais aussi le bois!» Il a apporté la culture au peuple, il lui a proposé «la beauté et la béatitude éternelle. Dante ne dit pas comme au Moyen Age “Rappelle-toi que tu dois mourir”, mais plutôt “Rappelle-toi que tu dois vivre”…».

«Après, Dante, l’éros a changé dans le monde. Il a eu le courage inouï de mettre Béatrice, une femme réelle, la femme qu’il aime, à la droite de Dieu, à la droite de la Vierge Marie. Et c’est encore Béatrice qui le guide à travers les sphères célestes… Mais c’est une idée inconcevable!»
Les digues de l’enthousiasme cèdent. Dans ce petit salon d’un hôtel parisien, Benigni entre en transe: «Le premier nom cité dans La divine comédie est celui d’une femme, Sémiramis, reine de Babylone et grande luxurieuse. Toujours dans le Canto V, le premier monologue échoit à une femme. Tandis que Paolo reste muet, Francesca dit des choses sur l’amour d’une beauté irraggiungibile… Si, inaccessible! Hors d’atteinte! Et le dernier canto de l’œuvre, le 33e du Paradis, est dédié à la femme par excellence, la Vierge Marie! A une époque où les femmes étaient considérées comme des sorcières à brûler ou, dans le meilleur des cas, comme le repos du guerrier, Dante affirme que les femmes sont la Rose du Très-Haut, le sommet de la création! C’est un poème féministe!»

L’amour du prochain. Aujourd’hui encore, La divine comédie fait résonner à l’intérieur des athées matérialistes que nous sommes «une nostalgie, comme cette lutte éternelle de Jacob et de la divinité dans la Bible». Benigni s’exalte, le verbe dantesque l’illumine. Le bouffon sublime qui nous a fait rire aux larmes dans Le petit Diable, Il Mostro ou La vie est belle s’est mué en prédicateur de la transcendance poétique. Sa première arme, le rire, tue la peur. Et la poésie? «La poésie nous console. Elle promet moins que la philosophie, mais respecte davantage ses engagements.»
La divine comédie se termine sur l’idée que l’amour meut le monde. «L’amore che move il sole et l’altre stelle… C’est le dernier vers! Mais qu’est-ce qu’il a fait, Dante? Peut-on imaginer cadeau plus beau? Et fallait-il qu’il aime les hommes pour nous juger dignes de ce présent! Quand je récite La divine comédie, c’est un gaspillage de beauté. Toute cette beauté qui t’arrive dessus, comme une cascade, comme une pluie de beauté… La beauté nous sauvera! La poésie, elle est comme la mer. On peut vivre sans l’avoir jamais vue, mais c’est dommage. La poésie, de toute façon, elle est dans l’air. Nous avons La divine comédie en nous, pour l’éternité…»

Arena de Genève. Sa 18, 20 h.

“Roberto Benigni, le rire dans la peau”

Tribune de Genève – MAUD CARLUS | 07.04.2009 |

SPECTACLE | Le comédien et réalisateur italien se produit à l’Arena (Genève) le 18 avril pour son spectacle «TuttoDante».

Il vous a fait rire. Il vous a fait pleurer, avouez-le. Et puis bizarrement vous vous êtes mis à jeter des sorts avec les doigts, vous avez apostrophé toutes les femmes qui passaient avec un «Buongiorno principessa!» tout ça alors que vous vous débattiez avec une furieuse envie d’apprendre l’italien… Pas de doute, vous avez aimé La vie est belle. Douze ans après, le plus célèbre des trublions italiens, égal à lui-même, revient en fanfare avec TuttoDante, un one-man-show qui lui ressemble. 

Exubérant, volubile et burlesque, Roberto Benigni l’est sur scène comme à la ville. Il en fait des tonnes et on adore ça. Parler avec lui, c’est comme rencontrer Laurel, Hardy et Charlot réunis. Et pour cause. Le clown en lui est né il y a bien longtemps.

En novembre 1966, le jeune Roberto a 14 ans et étudie «dans une école pour devenir prêtre», à Florence. C’est à ce moment-là que de terribles inondations ravagent le cœur de la Toscane, le tirant au passage hors de son séminaire. «L’inondation m’a sauvé des eaux», plaisante-t-il.

Le rire, «étincelle divine»

Les inscriptions à l’école étant terminées, Roberto Benigni se fait engager dans un cirque, comme assistant du magicien. Là, tel Rabelais, il découvre toute la puissance de ce qui sera fondateur de son œuvre: le rire. «C’est une étincelle divine. Faire rire quelqu’un, c’est la plus belle émotion de ma vie. Depuis ce temps, j’ai envie de répéter cette émotion, encore et encore.»

En 1972, il monte sur scène pour la première fois en interprétant L’inno del corpo sciolto, chanson paillarde qui fera rire l’Italie entière. Il ne quittera alors plus les planches, jusqu’à sa rencontre avec Giuseppe Bertolucci en 1975, qui le projettera devant la caméra dans Berlinguer ti voglio bene (1977).

Il travaille par la suite avec des grands tels Costa Gavras (Clair de femme en 1979) ou encore Marco Ferreri (Pipicacadodo, en 1980), avant de se lancer dans la réalisation. En 1983 sort son premier film Tu mi Turbi, en quatre épisodes, bien reçu par le public et la critique.

Benigni s’impose très vite dans le registre comique, mais n’hésite pas à aborder des sujets sérieux, comme dans Johnny Stecchino, sorti en 1991, dans lequel il s’attaque à la mafia.

Vient ensuite la consécration internationale avec La vie est belle, en 1997, dans lequel il réussit la prouesse de traiter un sujet aussi délicat que l’Holocauste, avec une tendresse et un humour incroyables.

La mort derrière le clown

«Je me suis toujours souvenu des membres du cirque, qui, même épuisés, ne cessaient jamais de sourire. Ils ne laissaient rien paraître de leur fatigue. J’ai pris conscience que derrière chaque clown, il y a la mort», explique le réalisateur.

La mort, il la chahute encore dans Le tigre et la neige (2005), en incarnant un poète amoureux qui va jusqu’en Irak pour retrouver sa bien-aimée, faisant fi de la guerre qui sévit.

Mais Roberto ne s’arrête pas là et s’aventure sur la route du one-man-show avec TuttoDante , inspiré de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Né sous le soleil grec en juin 2006, le spectacle mêle instants d’actualité, souvenirs cocasses et poésie. «Je pense que les gens ont besoin qu’on leur parle de choses belles et profondes, et Dante s’y prête très bien. C’est pour moi l’écrivain le plus moderne», raconte l’Italien. Et de conclure, «c’est un honneur pour moi de venir à Genève: je n’y ai jamais joué avant»!

Tutto Dante», de et avec Roberto Benigni, le 18 avril à 20h30, à l’Arena (Genève). Billets dans les réseaux Fnac et TicketCorner.

Bio express:
Roberto Benigni
27 octobre 1952: naissance à Castiglion Fiorentino, en Toscane.
1983: réalise son premier film, «Tu mi Turbi».
1997: «La Vita è bella».Le film remportera trois Oscars et le Grand Prix du jury du Festival de Cannes en 1998.
2002: «Pinocchio».
2006: début de la tournée de son spectacle «TuttoDante».
22 février 2008: reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Benigni takes Dante on World Tour

Oscar-winning actor and director Roberto Benigni is set to take Dante around the world with a new tour beginning in Paris on Friday.
The Tuscan comic wowed Italy in 2006 and 2007 when he performed his TuttoDante show, combining wicked satire with fervent Divine Comedy readings, in 130 squares and stadiums around the country.
After two sell-out dates in Paris, he will take the updated version of the show to Brussels and London before nine dates in Germany and Switzerland.
The show will then move to the United States at the end of May and finish up in Buenos Aires in June.

Benigni shot to international fame in 1999 with his Holocaust movie Life Is Beautiful, which he wrote, starred in and directed.
The picture won three Oscars, for best foreign film, best actor and best music, and Benigni’s exuberant clowning at the Academy Award ceremony won him fans around the world.

After a televised version of his Dante spectacular in 2007, Dante Alighieri scholars were impressed by his unorthodox approach to the Divine Comedy, which is the most lauded work of Italian literature.

Benigni was awarded Italy’s highest civilian honour, the Cavaliere di Gran Croce, in 2005.

Video di TuttoDante a Lugano

Servizio di un Tg svizzero su TuttoDante a Lugano, 7 dicembre 2008:

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