Tag: "Divine Comédie"

Le piccolo diavolo chante Dante

Par Antoine Duplan – L’Hebdo

En récitant La divine comédie assortie de quelques commentaires sur l’actualité, le bouffon sublime remet la poésie au centre de la vie publique italienne. Rencontre avec un humaniste exubérant, bientôt en représentation à Genève.

La maman de Roberto Benigni ne savait pas lire. Mais elle respectait les grandes œuvres de la littérature italienne. Elle invoquait Pinocchio et La divine comédie pour ramener son diablotin de fils sur le droit chemin. Elle criait: «Attention Robertino! Si tu dis des mensonges, Dante t’emmènera en enfer. Et tu auras un grand nez comme Pinocchio.» Sommé de lire La divine comédie et, qui plus est, d’écrire quelque chose d’aussi bien que Dante, le garnement s’exécutait. Bien sûr, en allant se coucher, il avait un peu peur parce que les visions du poète sont impressionnantes. «Mais quand je me réveillais, j’étais très content d’être au monde, parce que Dante m’avait pris la main, conduit avec lui jusqu’au ciel. Parce qu’il m’avait dit que j’étais d’essence divine…»
Roberto Benigni n’a jamais abjuré les enseignements de la mamma. En 2002, il porte Pinocchio à l’écran. A la télévision et sur scène, il commence aussi à faire des lectures de La divine comédie, qu’il entrelarde d’improvisations hilarantes et de commentaires politiques cinglants.

L’amour du beau. La rencontre du piccolo diavolo et du sommo poeta a un impact énorme dans une Italie que le berlusconisme dessèche moralement, intellectuellement et spirituellement. Humaniste exubérant, Benigni catalyse les retrouvailles entre un peuple et son texte fondateur, ramène la poésie au milieu de la piazza.
Modeste, il buffo se contente de dire qu’il a mis sa «popularité au service de Dante». Les ventes de La divine comédie explosent. Les performances du comédien ont l’ampleur de concerts rock, 5000, 10 000 personnes dans un stade, qui hurlent «Roberto! Canto V! Canto XXXIII!» La police a même arrêté un voleur de voiture, livre à la main, en train de vérifier dans le premier cantique à quelle sauce les voleurs étaient mangés en enfer…
Portée par Benigni, l’œuvre sublime se diffuse dans toutes les couches de la société italienne, en dépit de son indéniable complexité: l’italien du XIVe siècle est abstrus, les références historiques, symboliques, théologiques viennent à manquer. «Mais il est très bon pour la santé de parler de choses incompréhensibles, rugit le comédien. Je remercie Dante d’avoir écrit quelque chose de difficile. Merci! Nous vivons dans un monde où tout est tellement frivole. Quelle est la capitale de la France? Paris! Oh, très bien, bravo! 20 000 euros pour vous! Alors, quand on rencontre quelque chose comme La divine comédie, on dit “merci beaucoup”.» Le succès de l’entreprise Tutto Dante déborde de l’Italie. Benigni exporte la parole du Poète en France, en Allemagne. En Espagne, en Russie, aux Etats-Unis… Dans les pays non italophones, il s’appuie sur des sous-titres, recourt à ce français traviatant ou à ce toscanglais qu’il maîtrise parfaitement. Il réserve toutefois l’italien pour évoquer le sacré, car cet accent «serait un peu blasphématoire pour parler de Dieu et de la Vierge Marie. En revanche, il s’accorde très bien avec des sujets plus vils, comme Berlusconi», rigole-t-il.

L’amour en enfer. Des trois chants qui composent La divine comédie, l’Enfer a toujours été le plus populaire. «Comme disait Mark Twain, je choisis le Paradis pour le climat; mais l’Enfer pour la compagnie… C’est plus intéressant. L’Enfer, qui pénètre très profondément dans la conscience humaine, est le plus célèbre des trois cantiques. Mais quand tu vois le Paradis… Mamma mia! Dante t’emmène voir Dieu. Il te dit que tu es Dieu, que nous sommes les dépositaires d’un destin immense! Après avoir lu La divine comédie, il n’est plus possible de regarder les hommes d’un œil distrait! Nous sommes un mystère! Un miracle!»
A Genève, Roberto Benigni va se concentrer sur le Chant V, qui parle de l’amour et de la luxure. Guidé par Virgile, Dante s’avance dans le premier cercle de l’Enfer. Il s’y confronte à la toute-puissance et à la terreur de l’amour. Il s’entretient avec deux «âmes haletantes» charriées par le vent mauvais: Francesca de Rimini et Paolo Malatesta, qui ont succombé aux feux de la passion et ont été transpercés d’un coup d’épée par le mari jaloux. «Nulle douleur n’est pire que de garder du temps heureux mémoire dans le malheur», explique la réprouvée au Poète qui se pâme de pitié.

L’amour des femmes. La modernité de Dante émerveille Benigni. Théologien et philosophe, activement engagé dans la vie publique, le poète florentin a tout inventé. La laïcité, puisqu’il voulait séparer l’Eglise et l’Etat. L’encyclopédie quelques siècles avant Montesquieu. La langue italienne. «Il a inventé la poésie et les instruments aussi. Il est comme un charpentier qui n’invente pas seulement la scie, mais aussi le bois!» Il a apporté la culture au peuple, il lui a proposé «la beauté et la béatitude éternelle. Dante ne dit pas comme au Moyen Age “Rappelle-toi que tu dois mourir”, mais plutôt “Rappelle-toi que tu dois vivre”…».

«Après, Dante, l’éros a changé dans le monde. Il a eu le courage inouï de mettre Béatrice, une femme réelle, la femme qu’il aime, à la droite de Dieu, à la droite de la Vierge Marie. Et c’est encore Béatrice qui le guide à travers les sphères célestes… Mais c’est une idée inconcevable!»
Les digues de l’enthousiasme cèdent. Dans ce petit salon d’un hôtel parisien, Benigni entre en transe: «Le premier nom cité dans La divine comédie est celui d’une femme, Sémiramis, reine de Babylone et grande luxurieuse. Toujours dans le Canto V, le premier monologue échoit à une femme. Tandis que Paolo reste muet, Francesca dit des choses sur l’amour d’une beauté irraggiungibile… Si, inaccessible! Hors d’atteinte! Et le dernier canto de l’œuvre, le 33e du Paradis, est dédié à la femme par excellence, la Vierge Marie! A une époque où les femmes étaient considérées comme des sorcières à brûler ou, dans le meilleur des cas, comme le repos du guerrier, Dante affirme que les femmes sont la Rose du Très-Haut, le sommet de la création! C’est un poème féministe!»

L’amour du prochain. Aujourd’hui encore, La divine comédie fait résonner à l’intérieur des athées matérialistes que nous sommes «une nostalgie, comme cette lutte éternelle de Jacob et de la divinité dans la Bible». Benigni s’exalte, le verbe dantesque l’illumine. Le bouffon sublime qui nous a fait rire aux larmes dans Le petit Diable, Il Mostro ou La vie est belle s’est mué en prédicateur de la transcendance poétique. Sa première arme, le rire, tue la peur. Et la poésie? «La poésie nous console. Elle promet moins que la philosophie, mais respecte davantage ses engagements.»
La divine comédie se termine sur l’idée que l’amour meut le monde. «L’amore che move il sole et l’altre stelle… C’est le dernier vers! Mais qu’est-ce qu’il a fait, Dante? Peut-on imaginer cadeau plus beau? Et fallait-il qu’il aime les hommes pour nous juger dignes de ce présent! Quand je récite La divine comédie, c’est un gaspillage de beauté. Toute cette beauté qui t’arrive dessus, comme une cascade, comme une pluie de beauté… La beauté nous sauvera! La poésie, elle est comme la mer. On peut vivre sans l’avoir jamais vue, mais c’est dommage. La poésie, de toute façon, elle est dans l’air. Nous avons La divine comédie en nous, pour l’éternité…»

Arena de Genève. Sa 18, 20 h.

Du Benigni pur jus aux Beaux-Arts

Christophe BERTI, lesoir.be – jeudi 12 mars 2009, 08:19
Expliquer, puis déclamer – en vieux florentin – des passages de « La Divine Comédie » de Dante Alighieri et faire salle comble partout en Europe: il faut s’appeler Roberto Benigni pour relever un tel défi.


[Foto di Roberto Benigni a Bruxelles tratte dal blog Il Furlanar]

Mercredi, le comédien et réalisateur italien – qui se définit lui-même avant tout comme un « comique » – était à Bruxelles, au Palais des Beaux-Arts, pour l’étape belge de son spectacle qui a scotché devant la télé des millions d’Italiens. On connaît Benigni et on n’a pas été déçu: commentaires sur l’actualité, passages exaltés pour expliquer les finesses de l’œuvre de Dante, remerciements au public – «Je ne veux pas oublier de parler des milliers d’Italiens qui ont immigré en Belgique pour y travailler très durement» – on a eu droit à du «Benigni pur jus».

«J’aime bien la Belgique, elle a donné de grandes œuvres au monde. Et j’ai eu l’honneur, moi, d’être fait docteur honoris causa à la KUL. C’était sympa, mais chez vous, on fait des discours dans toutes les langues, ça a duré une journée entière…» En fait, la vraie surprise du spectacle, c’est qu’il a parlé… en français de part en part. Enfin le français de Benigni, évidemment, avec des mots à lui («insursautable» pour «insurmontable», etc.) mais très peu en italien et sans les surtitres annoncés. «La Divine Comédie, c’est la poésie la plus importante de la littérature. Enfin, c’est un livre italien et je suis italien: il y a peut-être conflit d’intérêt. Mais bon, je ne suis pas le seul Italien à être concerné par le conflit d’intérêt. Une chose est sûre: la Divine Comédie est un cadeau de Dieu fait à l’humanité.»

Pendant un peu moins de deux heures, l’auteur de « La Vie est belle » décrypte le Chant V de l’Enfer, passage concernant la rencontre de Dante avec Paolo et Francesca dans le deuxième cercle de l’enfer. Et transmettra à un public conquis son amour sans limite pour une œuvre qui le berce depuis son enfance. Et surtout, après avoir expliqué le poème avec des métaphores surprenantes et déroutantes, le comique se fait grave, la scène devient rouge, le silence est absolu et, Benigni récite, comme un bon élève, le Chant dont il parle depuis le début, respectant l’accent toscan et la musique de l’œuvre. Standing ovation garantie.
[Per l'articolo tradotto in Italiano cliccate qui]

Roberto Benigni réinvente Dante

Par Eric MANDEL – Le Journal du Dimanche
Avec son one-man show Tutto Dante, Roberto Benigni revisite La Divine Comédie, l’oeuvre monumentale du poète. Après avoir parcouru l’Europe pendant trois ans, accumulant dix millions de spectateurs, le réalisateur de La vie est belle débarque au Grand Rex, à Paris, pour deux représentations exceptionnelles, vendredi et samedi, en italien sous-titré.

Longtemps, le petit Roberto s’est endormi bercé par la prose de Dante. Sa maman, analphabète, lui récitait par coeur des passages entiers de La Divine Comédie, l’oeuvre-fleuve et magistrale du poète florentin (1265-1321). “Je me prenais pour le héros de ce drame épique, poétique et spirituel. J’étais tour à tour Dante, le bon Dieu et le Diable. Evidemment, je m’endormais un peu effrayé, mais le matin j’étais tellement heureux de me réveiller bien vivant!” s’amuse le réalisateur de La vie est belle, sa voix sonore et théâtrale résonne tel un feu d’artifice de mots et de pensées débitées sans temps mort.

Aujourd’hui, Roberto Benigni arpente le monde avec TuttoDante, un one-man-show dans lequel il revisite l’oeuvre monumentale de Dante. “Il a été le premier à écrire en italien quand la langue officielle du savoir était le latin, une langue réservée à l’aristocratie et l’Eglise. Il a popularisé la culture et, utilisé pour la première fois le ‘moi’, rappelé que l’homme était maître de son destin et élevé la femme au sommet de la création quand elle était considérée au pire comme une sorcière à brûler, au mieux comme le repos du guerrier.

Vendredi et samedi prochains au Grand Rex

L’aventure dure depuis trois ans et Benigni affiche un enthousiasme inentamé: “Je me sens un peu comme un chanteur de rock, comme Johnny Hallyday… Le public me demande de chanter tel ou tel chant populaire de La Divine Comédie, c’est très exaltant“, s’emporte Benigni avec sa faconde toute méditerranéenne. Après ses récents insuccès au cinéma (Pinocchio, Le Tigre et la neige), Benigni renoue avec ses premières amours quand il arpentait les scènes underground du théâtre “d’avant-garde“. Le spectacle, présenté d’Athènes à Rome et diffusé sur la RAI, a rencontré un vif succès avec plus de 10 millions de téléspectateurs.

Vendredi et samedi prochains, le fantasque acteur italien présentera pour la première fois son spectacle au public français, dans un cinéma, le Grand Rex. Seul en scène, le réalisateur et comédien devrait montrer, durant une heure cinquante, l’étendue de son talent de saltimbanque: interpréter des chants populaires, jouer la comédie, réciter Dante dans le texte et bien sûr improviser, son péché mignon. Le one-man-show, en italien, sera sous-titré en français. “Je vais surtout parler dans ma langue natale, notamment quand j’aborde les thèmes de Dieu, la Vierge Marie, l’enfer, le paradis, le mystère de la vie et de la mort. J’aime la musicalité de sa langue, elle swingue comme un standard de Charlie Parker.

Mais l’artiste francophone devrait également converser dans la langue de Molière, “notamment pour aborder de sujets plus terre à terre, comme l’actualité ou Berlusconi. Il est du devoir de tout humoriste de protéger le peuple contre ses gouvernants“, assure Benigni. Et de préciser avec un brin de mégalomanie savoureuse: “Quand on lit de la poésie, on devient un peu poète. Sur scène, je suis Dante !” Un peu comme dans ses rêves de gamin.

TuttoDante, vendredi et samedi au Grand Rex, 1, bd Poissonnière (2e). Tarifs: de 37,50 à 83,50 euros. Rens.: 0892.68.05.69.

Ce qu’on sait (ou pas) sur Roberto Benigni

Par Laurence Liban, L’Express, publié le 05/03/2009 11:36

L’artiste et trublion italien poursuit sa tournée triomphale avec Tutto Dante, sa divine comédie à lui. Précisions sur un phénomène.

ON LE SAIT…

Roberto Benigni aime Dante. Elevé au lait de La Divine Comédie, comme tous les Italiens, Roberto a appelé Dante à son secours un jour de grisaille : « C’est un devoir de rigoler avec le pouvoir quand on exerce le métier de comique. Mais, avant l’avènement de Berlusconi, qui nous donne tant d’occasions de rire, je n’avais pas grand-chose à me mettre sous la dent… C’est alors que m’est venue l’idée de Tutto Dante… Pour me désennuyer… »

Il a commencé par le théâtre expérimental, les spectacles de rue et le cabaret. Mais c’est la série télévisée Ondes libres qui l’a rendu célèbre dans les années 1970, grâce à sa chanson des gogues, hymne joyeusement scatologique qui lui a valu sa première censure.

Il aurait pu faire carrière en Amérique. Il y a tourné trois films avec Jim Jarmusch, dont l’inénarrable Night on Earth, en 1991. Il a également joué dans Le Fils de la Panthère rose, de Blake Edwards. « Les Américains m’ont beaucoup donné, mais, par la suite, ils ne m’ont proposé que des rôles d’Italiens ! Seul Steven Spielberg m’a offert autre chose à jouer. Je n’en ai jamais eu le temps, hélas ! Et puis mes racines sont ailleurs. »

Le pape Jean-Paul II a regardé La vie est belle en sa compagnie. « C’était en 1999. Je l’ai rencontré à sa demande. Nous avons parlé du film, des camps de concentration en Pologne et de l’attitude des chrétiens polonais. Il m’a dit l’impact extraordinaire de La vie est belle là-bas. Je l’ai amusé, aussi. Il m’a gardé de 15 heures à 21 heures. Plus que le président des Etats-Unis ! Ce fut une émotion extraordinaire. Je crois en Dieu. De toute façon, si nous ne sommes pas faits par lui, nous sommes faits de lui, non ? »

ON LE SAIT MOINS…

Il pratique l’interview à la hussarde. Tutto Benigni en quinze minutes montre en main, mais quel style ! quel élan ! quelle générosité !

Il a pris dans ses bras le fameux chef du Parti communiste italien Enrico Berlinguer, lors d’une manifestation. « Berlinguer était l’image même de l’austérité et de la morale, explique l’auteur du film Berlinguer, je t’aime. Il représentait notre rêve à tous, et à moi aussi, qui fus élevé dans un petit village où tous étaient communistes par idéal romantique. J’ai embrassé ce mythe vivant pour apporter au PCI un peu d’allégresse. Je l’ai pris comme un petit enfant. Comme on a pris la Bastille. Berlinguer m’en a été reconnaissant toute sa vie. »

Il défend l’amour gay. En février dernier, à San Remo, l’acteur a pris la défense des homosexuels et de l’amour libre, avant de lire la célèbre lettre qu’Oscar Wilde, emprisonné pour homosexualité, écrivit à son jeune amant. « Qu’on polémique à ce sujet, en 2009, me sidère. Le vrai péché, ce n’est pas l’amour entre deux adultes libres, c’est la médiocrité ! »

Il a été interdit de télévision pendant un an pour avoir dit du mal du pape. « En fait, je l’avais traité de “Wojtylaccio”. Dans ma région d’origine, la Toscane, c’est une façon affectueuse de nommer les gens, du genre “Ce garnement de Wojtyla”. Mais, ailleurs en Italie, cela a fait un énorme scandale. J’étais devenu le blasphémateur, l’iconoclaste. Cela ne l’a pas empêché de me traiter comme un fils, à l’occasion de La vie est belle.»

TuttoDante, au Grand Rex, Paris (IIe). Les 6 et 7 mars.

Roberto Benigni invité à Le Grand Journal

La sera di mercoledì 25 febbraio Roberto Benigni è stato ospite del famoso show televisivo “Le Grand Journal“. Intervistato da Michel Denisot ha presentato lo spettacolo TuttoDante che si appresta a debuttare in Francia, il 6 e 7 marzo a Parigi. Alla fine dell’intervista è stato mandato in onda un video-saluto di Gérard Depardieu dedicato a Roberto.

TuttoDante : Benigni interprète Alighieri

26-02-2009 – Actuellement au Grand Rex pour un One man show consacré à Dante, Roberto Benigni était, ce matin l’invité de Marc-Olivier Fogiel.

Au micro de Marc-Olivier Fogiel, le Toscan est intarissable. Il est exubérant, expansif et profondément irrévérencieux. On se rappelle d’ailleurs de lui en 1999, sautillant joyeusement de siège en siège jusqu’à la scène où un précieux Oscar l’attendait. Grâce à son personnage de clown gesticulant, Benigni a réussi une grande prouesse : éveiller l’attention du public sur des sujets lourds ou des oeuvres peu accessibles. C’est ainsi qu’après “La vie est belle”, et “les Métamorphoses” du poète Ovide, Benigni s’attaque à un colosse de la littérature italienne : La divine comédie.

“Moi, quand je parle français, je fais comme Dante : j’invente un nouveau langage !”. Après avoir remporté un franc succès à Florence en interprétant, devant la statue de Dante Alighieri treize chants de la “Divina Commedia”, Roberto Benigni décide de continuer hors d’Europe. Depuis fin 2008, il chemine en compagnie de ses spectateurs sur les traces du père de la langue italienne. En mars, les Parisiens pourront donc découvrir au Grand Rex les tombeaux enflammés des hérétiques, rencontrer le Comte Ugolino ou encore écouter le récit du dernier voyage d’Ulysse. Des textes déclamés sur le ton mi-badin mi-mélancolique qui caractérise désormais Roberto Benigni.
Rendez-vous donc les 6 et 7 mars prochain, avec “Tutto Dante”, un voyage en Enfer en compagnie d’un nocher (en poésie, celui qui conduit l’embarcation) d’exception.

Roberto Benigni présente TuttoDante à Paris

In questi giorni Roberto Benigni è in Francia per presentare alla stampa lo spettacolo TuttoDante che debutterà per la prima volta a Parigi il 6 e 7 marzo al Teatro Grand Rex (nella prima parte dello spettacolo Roberto parlerà in francese, e durante l’esegesi del canto dantesco saranno proiettati sottotitoli in francese).

Roberto Benigni fait son show avec TuttoDante actuellement à Paris au Grand Rex , il était l’invité de Sophie Le Saint au journal télévisé de France 2.

“TuttoDante, basé sur la Divine Comédie de Dante Alighieri, met en scène Roberto Benigni pendant environ 1 heure et demie avec un mélange d’instants d’actualité et de souvenirs ironiques, suivi d’un voyage plein de poésie et de passion dans le monde de la Divine Comédie. Ce “one man show” arrive à Paris au Grand Rex”

TuttoDante (spectacle en italien sous-titrée en français)
vendredi 6 et samedi 7 mars 2009, 20 Heures

LE GRAND REX
1, bld Poissossnière 75002 PARIS
renseignements 08 92 68 05 96

Weboy