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Le piccolo diavolo chante Dante

Par Antoine Duplan – L’Hebdo

En récitant La divine comédie assortie de quelques commentaires sur l’actualité, le bouffon sublime remet la poésie au centre de la vie publique italienne. Rencontre avec un humaniste exubérant, bientôt en représentation à Genève.

La maman de Roberto Benigni ne savait pas lire. Mais elle respectait les grandes œuvres de la littérature italienne. Elle invoquait Pinocchio et La divine comédie pour ramener son diablotin de fils sur le droit chemin. Elle criait: «Attention Robertino! Si tu dis des mensonges, Dante t’emmènera en enfer. Et tu auras un grand nez comme Pinocchio.» Sommé de lire La divine comédie et, qui plus est, d’écrire quelque chose d’aussi bien que Dante, le garnement s’exécutait. Bien sûr, en allant se coucher, il avait un peu peur parce que les visions du poète sont impressionnantes. «Mais quand je me réveillais, j’étais très content d’être au monde, parce que Dante m’avait pris la main, conduit avec lui jusqu’au ciel. Parce qu’il m’avait dit que j’étais d’essence divine…»
Roberto Benigni n’a jamais abjuré les enseignements de la mamma. En 2002, il porte Pinocchio à l’écran. A la télévision et sur scène, il commence aussi à faire des lectures de La divine comédie, qu’il entrelarde d’improvisations hilarantes et de commentaires politiques cinglants.

L’amour du beau. La rencontre du piccolo diavolo et du sommo poeta a un impact énorme dans une Italie que le berlusconisme dessèche moralement, intellectuellement et spirituellement. Humaniste exubérant, Benigni catalyse les retrouvailles entre un peuple et son texte fondateur, ramène la poésie au milieu de la piazza.
Modeste, il buffo se contente de dire qu’il a mis sa «popularité au service de Dante». Les ventes de La divine comédie explosent. Les performances du comédien ont l’ampleur de concerts rock, 5000, 10 000 personnes dans un stade, qui hurlent «Roberto! Canto V! Canto XXXIII!» La police a même arrêté un voleur de voiture, livre à la main, en train de vérifier dans le premier cantique à quelle sauce les voleurs étaient mangés en enfer…
Portée par Benigni, l’œuvre sublime se diffuse dans toutes les couches de la société italienne, en dépit de son indéniable complexité: l’italien du XIVe siècle est abstrus, les références historiques, symboliques, théologiques viennent à manquer. «Mais il est très bon pour la santé de parler de choses incompréhensibles, rugit le comédien. Je remercie Dante d’avoir écrit quelque chose de difficile. Merci! Nous vivons dans un monde où tout est tellement frivole. Quelle est la capitale de la France? Paris! Oh, très bien, bravo! 20 000 euros pour vous! Alors, quand on rencontre quelque chose comme La divine comédie, on dit “merci beaucoup”.» Le succès de l’entreprise Tutto Dante déborde de l’Italie. Benigni exporte la parole du Poète en France, en Allemagne. En Espagne, en Russie, aux Etats-Unis… Dans les pays non italophones, il s’appuie sur des sous-titres, recourt à ce français traviatant ou à ce toscanglais qu’il maîtrise parfaitement. Il réserve toutefois l’italien pour évoquer le sacré, car cet accent «serait un peu blasphématoire pour parler de Dieu et de la Vierge Marie. En revanche, il s’accorde très bien avec des sujets plus vils, comme Berlusconi», rigole-t-il.

L’amour en enfer. Des trois chants qui composent La divine comédie, l’Enfer a toujours été le plus populaire. «Comme disait Mark Twain, je choisis le Paradis pour le climat; mais l’Enfer pour la compagnie… C’est plus intéressant. L’Enfer, qui pénètre très profondément dans la conscience humaine, est le plus célèbre des trois cantiques. Mais quand tu vois le Paradis… Mamma mia! Dante t’emmène voir Dieu. Il te dit que tu es Dieu, que nous sommes les dépositaires d’un destin immense! Après avoir lu La divine comédie, il n’est plus possible de regarder les hommes d’un œil distrait! Nous sommes un mystère! Un miracle!»
A Genève, Roberto Benigni va se concentrer sur le Chant V, qui parle de l’amour et de la luxure. Guidé par Virgile, Dante s’avance dans le premier cercle de l’Enfer. Il s’y confronte à la toute-puissance et à la terreur de l’amour. Il s’entretient avec deux «âmes haletantes» charriées par le vent mauvais: Francesca de Rimini et Paolo Malatesta, qui ont succombé aux feux de la passion et ont été transpercés d’un coup d’épée par le mari jaloux. «Nulle douleur n’est pire que de garder du temps heureux mémoire dans le malheur», explique la réprouvée au Poète qui se pâme de pitié.

L’amour des femmes. La modernité de Dante émerveille Benigni. Théologien et philosophe, activement engagé dans la vie publique, le poète florentin a tout inventé. La laïcité, puisqu’il voulait séparer l’Eglise et l’Etat. L’encyclopédie quelques siècles avant Montesquieu. La langue italienne. «Il a inventé la poésie et les instruments aussi. Il est comme un charpentier qui n’invente pas seulement la scie, mais aussi le bois!» Il a apporté la culture au peuple, il lui a proposé «la beauté et la béatitude éternelle. Dante ne dit pas comme au Moyen Age “Rappelle-toi que tu dois mourir”, mais plutôt “Rappelle-toi que tu dois vivre”…».

«Après, Dante, l’éros a changé dans le monde. Il a eu le courage inouï de mettre Béatrice, une femme réelle, la femme qu’il aime, à la droite de Dieu, à la droite de la Vierge Marie. Et c’est encore Béatrice qui le guide à travers les sphères célestes… Mais c’est une idée inconcevable!»
Les digues de l’enthousiasme cèdent. Dans ce petit salon d’un hôtel parisien, Benigni entre en transe: «Le premier nom cité dans La divine comédie est celui d’une femme, Sémiramis, reine de Babylone et grande luxurieuse. Toujours dans le Canto V, le premier monologue échoit à une femme. Tandis que Paolo reste muet, Francesca dit des choses sur l’amour d’une beauté irraggiungibile… Si, inaccessible! Hors d’atteinte! Et le dernier canto de l’œuvre, le 33e du Paradis, est dédié à la femme par excellence, la Vierge Marie! A une époque où les femmes étaient considérées comme des sorcières à brûler ou, dans le meilleur des cas, comme le repos du guerrier, Dante affirme que les femmes sont la Rose du Très-Haut, le sommet de la création! C’est un poème féministe!»

L’amour du prochain. Aujourd’hui encore, La divine comédie fait résonner à l’intérieur des athées matérialistes que nous sommes «une nostalgie, comme cette lutte éternelle de Jacob et de la divinité dans la Bible». Benigni s’exalte, le verbe dantesque l’illumine. Le bouffon sublime qui nous a fait rire aux larmes dans Le petit Diable, Il Mostro ou La vie est belle s’est mué en prédicateur de la transcendance poétique. Sa première arme, le rire, tue la peur. Et la poésie? «La poésie nous console. Elle promet moins que la philosophie, mais respecte davantage ses engagements.»
La divine comédie se termine sur l’idée que l’amour meut le monde. «L’amore che move il sole et l’altre stelle… C’est le dernier vers! Mais qu’est-ce qu’il a fait, Dante? Peut-on imaginer cadeau plus beau? Et fallait-il qu’il aime les hommes pour nous juger dignes de ce présent! Quand je récite La divine comédie, c’est un gaspillage de beauté. Toute cette beauté qui t’arrive dessus, comme une cascade, comme une pluie de beauté… La beauté nous sauvera! La poésie, elle est comme la mer. On peut vivre sans l’avoir jamais vue, mais c’est dommage. La poésie, de toute façon, elle est dans l’air. Nous avons La divine comédie en nous, pour l’éternité…»

Arena de Genève. Sa 18, 20 h.

Interview in German: “Zwei Stunden am Abend bin ich ein glühender Christ”

Von Michael Fuchs-Gamböck | 09.04.2009 | Oberpfalznetz

Oscarpreisträger Roberto Benigni tourt mit seiner Ein-Mann-Show “Tutto Dante” erstmalig durch Deutschland – Am 16. April in München

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Kaum zu glauben, aber wahr: Roberto Benigni ist auch im “wahren Leben” und nicht nur auf der Kinoleinwand oder Theaterbühne das quirlige, aufgedrehte Männchen, das stakkatohaft pausenlos geschliffene Pointen verstreut. Dabei ist er niemals ein Dampfplauderer, dafür stets unter Volldampf und intellektuell hervorragend gerüstet.

Momentan hat der Mann aus der Toskana, der in Deutschland 1997 durch seinen mit drei Oscars preisgekrönten Film “Das Leben ist schön” bekannt wurde, seine das Hirn heftig fordernden Verbalattacken mit dem Thema “Die Göttliche Komödie” gespickt. Schließlich besteht seine aktuelle Show “Tutto Dante”, mit der er derzeit durch Deutschland tourt, exklusiv aus Texten dieses bedeutendsten Klassikers der italienischen Literatur aus dem 14. Jahrhundert von Autor Dante Alighieri. Darin wird in 99 Versen eine imaginäre Reise in die Hölle, ins Fegefeuer und am Ende ins Paradies beschrieben. Die Botschaft lautet: “Jeder schafft sich schon zu Lebzeiten seine eigene Hölle.”

Aus diesem Werk trägt Dante-Kenner Benigni in seiner Ein-Mann-Show “Tutto Dante” voller Poesie, Weisheit und Leidenschaft, gepaart mit einer guten Portion Ironie und Komik vor. Er kommentiert die Verse und bezieht sie in bissigen Kommentaren auf heutige Verhältnisse. In Italien wollten diese Show über eine Million Menschen live sehen, die Stimmung glich der eines WM-Fußballspiels. 10 Millionen Zuschauer verfolgten die Aufzeichnung der Show im Fernsehen.

Nun kommt das Programm, das der Oscarpreisträger ausschließlich in der Sprache seiner Heimat präsentiert, nach Deutschland.

Wir sprachen mit Roberto Benigni darüber, warum er sich so leidenschaftlich mit Dante beschäftigt, was das Publikum in seiner Show erwartet – und was es für ihn bedeutet, in Deutschland aufzutreten.

Sehen Sie sich als jemanden, der sein Publikum bei der Hand nimmt und wie in Dantes “Göttlicher Komödie” durch die diesseitige Hölle auf Erden führt?

Benigni: Ich will niemanden mit meiner Arbeit bei der Hand nehmen, so ein Vorgehen ist nur etwas für Oberlehrer mit dauererigiertem Zeigefinger. Nein, ich war und bin kein Mann des Intellekts, sondern ein Mann des Spektakels. Mich hat der Besuch im Zirkus immer schon mehr fasziniert als der im politischen Theater. Tatsächlich möchte ich das Publikum mit einem Feuerwerk an Ideen, Gesten und Worten überschütten, selbst wenn ich bei dieser Aufgabe mutterseelenallein auf mich gestellt bin.

Ist das diesseitige Leben für Sie eine höllische Angelegenheit, der man nur mit Humor begegnen kann?

Benigni: Für mich ist das Leben Himmel und Hölle gleichermaßen, gerade weil ich Italiener bin und deshalb Drama statt Blut durch meine Adern pulsiert. Vor allem aber ist das Leben für mich eine göttliche Farce, da nichts irgendwie einen tieferen Sinn auszeichnet. Dennoch passieren Tag für Tag jede Menge Dinge, schreckliche und schöne, banale und bewegende. Und ganz klar: für mich als überzeugten Komödianten ist Humor das einzig probate Mittel, um dieses eigentlich Widersinnige namens Dasein zu meistern.

Wie sind Sie mit Dantes Komödie in Kontakt gekommen? Was hat sie mit Ihnen angestellt? Warum haben Sie sich so intensiv damit beschäftigt?

Benigni: In den 50er und 60er Jahren, in denen ich meine Kindheit und Jugend verbrachte, hat “Die Göttliche Komödie” an allen Ecken und Enden auf mich gelauert, in der Schule, zu Hause, bei meinen Freunden. Sie gehörte damals zum toskanischen Alltag. Ich wurde vollgesogen mit Dante Alighieris Klassiker, einfach weil ich immer schon eine Leidenschaft für poetische Sprache und philosophische Erkenntnisse in literarischem Rahmen hatte. “Die Göttliche Komödie” ist ja weit mehr als ein Buch, sie ist ähnlich wie die Bibel ein existenzielles Werk über die Menschheit per se. So etwas fasziniert natürlich, wenn man nur ein bisschen prädestiniert dafür ist, sich die Welt mit Worten zu erklären.

Warum ist Ihre Dante-Show ein solcher Erfolg? Was reizt die Leute daran? Vielleicht, dass die Aussicht, in die Hölle zu kommen, durch Humor erleichtert wird?

Benigni: Wie gesagt, “Die Göttliche Komödie” ist ein existenzielles Werk, behandelt werden darin Themen von zeitloser Bedeutung. Schrecken und Schönheit, Humor und Hass gehen hier Hand in Hand. Wenn man diese elementaren Inhalte in der richtigen Mischung zwei Stunden lang vorträgt, wird es kaum einen Zuschauer geben, den das kalt lässt.

Denken Sie an eine Verfilmung der Göttlichen Komödie?

Benigni: Nein, das macht in meinem Fall keinen Sinn! Da ich mich diesem Buch als Alleinunterhalter angenähert habe, wäre es für den Kinobesucher sicher befremdlich und langweilig, einer einzigen Person zwei Stunden lang auf der Leinwand zuzusehen. So ein Procedere funktioniert nur auf der Bühne.

Man kann Dante so interpretieren, dass sich jeder zu Lebzeiten seine Hölle schafft und vorbereitet. Irgendwann büßt man für seine Taten. Denken Sie, dass solch ein Denken den Menschen heute bewusst gemacht werden sollte, damit z. B. Politiker anders agieren? Brauchen solche Leute, die unmoralisch handeln, mehr Demut und Gottesfürchtigkeit?

Benigni: Ich habe mich noch nie als einen Moralisten gesehen, dafür halte ich das Leben als zu merkwürdig und undurchschaubar. Zumindest weiß ich selbst, warum ich Künstler und nicht Banker oder Politiker geworden bin: Ich habe meine eigene Ethik, die für mich – und hoffentlich auch für meine Umgebung – funktioniert. Doch ich werde mich hüten, jemandem vorzuschreiben, wie er sein Dasein zu gestalten hat.

Sind Sie selbst ein gläubiger Mensch?

Benigni: Zwangsweise, denn wenn ich nicht daran glauben würde, dass mein Leben irgendeinen Sinn macht – und genau das zeichnet den menschlichen Glauben für mich aus -, glaube ich überhaupt nichts mehr, was mich in tiefe Depressionen stürzen würde. Dann ist es in meinen Augen besser, gelegentlich in die Leere hineinzubeten, auf merkwürdige Weise gibt mir dieser Akt Kraft. Und wenn ich auf der Bühne stehe und mein “Tutto Dante”-Programm spiele, bin ich einer der gläubigsten Menschen auf der Welt, für zwei Stunden bin ich ein glühender Christ. Ohne diese Grundhaltung ist es völliger Quatsch, sich diesem Werk zu stellen.

Warum wollen Sie Ihre Show in Deutschland zeigen? Ist es nicht ein ziemliches Risiko, Ihr Programm alleine auf einer Bühne und in italienischer Sprache in großen Hallen in Deutschland aufzuführen?

Benigni: Auch Menschen, die kein Wort Italienisch verstehen, sind im Normalfall von meiner Darbietung angetan. Ich habe das Programm so konzipiert, dass es sich nicht ausschließlich auf die Kraft des Wortes, auf Inhalte stützt. Stattdessen muss man sich das Ganze wie ein burleskes Jazz-Konzert vorstellen, das auf Improvisation und der Lust auf den spontanen Moment basiert. Man kann viel lachen und leuchtende Augen bekommen, selbst wenn man nicht recht weiß, was auf der Bühne gerade passiert. Ich glaube, “Tutto Dante” ist ein kosmopolitisches Programm, das in jedem Land dieses Planeten verstanden wird – wenn auch in jedem Land anders.

Haben Sie keine Abneigung gegenüber Deutschland wegen der Verfolgung Ihres Vaters durch die Nazis?

Benigni: Nachdem mir mein Vater erstmalig als Jugendlichem erzählt hat, was ihm in den zwei Jahren Haft im KZ Bergen-Belsen widerfahren war, fühlte ich mich zunächst ungeheuer traurig und leer. Ich zweifelte an der Daseinsberechtigung der Menschheit. Doch mein Vater besaß das Talent, den eigentlichen Horror seiner Jahre im Konzentrationslager derart lebendig und gelegentlich lustig darzustellen, dass ich von Mal zu Mal mehr über diese und jene Schilderung lachen konnte, obwohl die Umstände, unter denen das Geschilderte erlebt wurde, grauenvoll waren. Mein Vater hat mich mit seinen KZ-Schilderungen auf den Weg gebracht, ein Komödiant zu werden, der sich der Tragik der menschlichen Existenz bewusst ist. Ich spiele diese Rolle gern. Es ist die einzige, die ich überzeugend spielen kann.

Roberto Benigni – “Tutto Dante”: Donnerstag, 16. April, 20 Uhr in der Münchener Philharmonie Gasteig. Karten beim NT/AZ-Ticketservice unter 0961/85-550 und 09621/306-230.

Radio Colonia: Intervista a Roberto Benigni

Roberto Benigni e “TuttoDante” arrivano in Germania: una rilettura appassionata, emozionante e divertente del capolavoro immortale di Dante Alighieri, la “Divina Commedia”.

Non è stato Benigni a scoprire Dante ma Dante a scoprire Benigni: esordisce così, nell’intervista a Radio Colonia, il comico noto ormai in tutto il mondo grazie all’Oscar vinto dieci anni fa per il film “La vita è bella”, che lo vede regista e protagonista. Ma il successo del film da oscar non è nulla in confronto all’entusiasmo con cui, dall’estate 2006, i teatri, le piazze e gli stadi italiani hanno accolto “TuttoDante”, un viaggio appassionante e poetico nella “Divina Commedia” di Dante Alighieri. Ora, la decisione di Benigni di portare la poesia del suo corregionale anche al di là delle Alpi: un modo, assicura il comico, per abbracciare tutti gli italiani sparsi per il mondo. Ma sul palco, accanto alle storie e ai personaggi danteschi, non manca l’attualità.

AUDIO dell’intervista per “Al dente”:

Ascolta il saluto di Benigni ad “Al dente” (0’16)

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Ascolta l’intervista a Roberto Benigni a cura di Paola Fabbri (5’28)

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Tournée Tedesca di TuttoDante:
16 Aprile 2009 – Monaco di Baviera – Munchen Philharmonie Gasteig
20 Aprile 2009 – Colonia – Musical Dome
21 Aprile 2009 – Francoforte – Alte Oper
24 Aprile 2009 – Duisburg – Theater Am Marientor
23 Aprile 2009 – Baden Baden – Festspielhaus
26 Aprile 2009 – Stoccarda – Liederhalle

“Wenn es um Liebe geht, wird alles groß” – Intervista in Tedesco a Roberto Benigni

In Italien haben mehr als eine Million Menschen seine Dante-Show gesehen – Jetzt tourt der Komiker Roberto Benigni durch Europa

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Standard: In einer Zeitung haben Sie gesagt: “Nur Dante kann dieses arme Italien noch retten.” Nun ist Dante seit fast 700 Jahren tot. Wie kann er das?

Benigni: Dante hat seinen Beitrag bereits geleistet. Er hat die schönste Geschichte aller Zeiten geschrieben, Die Göttliche Komödie. Es ist die Schönheit, die unsere Welt retten muss.

Standard: Wie soll das gehen?

Benigni: Italien ist das einzige Land, in dem zuerst die Kultur entstand und dann die Nation. Dante hat ihre Entstehung vorausgesehen, er hat die Kämpfe beschrieben – Intrigen, Grausamkeiten, Korruption -, und er hat gezeigt, dass es Wichtigeres auf der Welt gibt. Daran müssen wir uns halten.

Standard: In Italien lernt man Dante schon in der Schule auswendig. Hat Ihnen das seine Dichtung nicht vergällt?

Benigni: Ich habe der Schule nie erlaubt, meine Bildung zu ruinieren. Ich habe immer das gelesen, was mir gefiel. Die Lehrer machen ihre Arbeit, sie lehren die Regeln. Poesie kann man nicht unterrichten. Man spürt sie oder nicht. Meine Begeisterung für Dante wurde entfacht, als ich ihn mit 13 Jahren unter der Bettdecke las.

Standard: In dem Alter gehen Buben mit Erotikheften ins Bett …

Benigni: … die habe ich auch gelesen. Ich habe mir gerne den Playboy angesehen. Die Frauen darauf waren so schön und unerreichbar wie die Divina Commedia.

Standard: Ich nehme an, Ihre Lieblingsgeschichte bei Dante ist jene zwischen Paolo und Francesca. Da geht es auch um Sex.

Benigni: Nein, jene zwischen Dante und Beatrice. Sie hat unsere Einstellung zur Liebe verändert. Was wir heute darunter verstehen, steht in dieser Geschichte. Es gibt keine Frau, die von einem Mann mehr begehrt und umworben wurde. Der Eros war nach dieser Geschichte ein anderer. Dante spart keinen Teil der Liebe aus, auch nicht die abgründigen Seiten. Nicht wir lesen Dante, Dante liest uns! Ich denke mir immer, Himmel, Arsch und Zwirn, das bin ja ich.

Standard: Nicht Shakespeare hat die Psychologie in die Literatur gebracht, sondern Dante?

Benigni: Ja, auch noch viele Jahrhunderte früher. Er hat unsere Liebe seziert.

Standard: Sie sind nicht nur von Poesie, sondern auch von Politik besessen. In Ihrem Dante-Programm kommt Berlusconi ausführlich vor. Was haben die beiden miteinander zu tun?

Benigni: Dante war der Erste, der Zeitgenossen mit antiken Figuren zusammenspannte. Seine Zeitgenossen sprachen mit Moses oder Cleopatra. Berlusconi gehört in diesen Kreis der Wollüstigen, Maßlosen, Lügner, Machtbesessenen und Habgierigen. Eigentlich sollte man für ihn einen eigenen Teil der Hölle reservieren. Ich mag Berlusconi aber mindestens genauso, wie ich Dante mag. Was sollte ich ohne ihn machen? Es ist wunderbar, dass er wieder an der Macht ist. Komiker hätten sonst nichts zu tun.

Standard: Berlusconi beschrieb Obama als “jung, schön und braun gebrannt” . Macht Ihnen der Regierungschef als Komiker Konkurrenz?

Benigni: Ja, Berlusconi ist ein Allrounder, er erzählt Witze, macht Politik und ist ein Sexsymbol. Er ist eine Mischung aus Sharon Stone, Charles de Gaulle und Alberto Sordi. Aber er ist ein freier Mann, also darf er das auch alles machen.

Standard: Machen Sie sich Sorgen um die Freiheit in Italien?

Benigni: Nein, überhaupt nicht. Ich kann alles sagen, was ich will. Ich kann in diesem Interview ohne Probleme über Berlusconi reden.

Standard: Wegen Interviews mit Ihnen haben Menschen schon ihren Job verloren.
Benigni: Diesmal wird das nicht passieren.

Standard: Schmerzt Sie Italiens schlechter Ruf im Ausland?

Benigni: Es gibt Höhe- und Tiefpunkte in der Geschichte eines Landes. Sie werden sehen, bald werden die Italiener in Schönheit wiederauferstehen. Krisen sind Zeiten, in denen man zum Nachdenken kommt. Um ins Paradies zu gelangen, muss man erst einmal durch die Hölle. Wenn wir Berlusconi überleben, überleben wir alles.

Standard: Warum sprechen alle ständig über Berlusconi? Geben die anderen Politiker nichts her?

Benigni: Es gibt keine andere Persönlichkeit in Italien, die ähnlich stark polarisiert wie er.

Standard: Prodi, Veltroni, jetzt Dario Franceschini?

Benigni: Prodi, D’Alema und Veltroni waren charismatische Figuren. Vielleicht leitet Franceschini eine Renaissance der Linken ein. Ich hatte vor, ein Stück über die Linke zu schreiben. Aber immer, wenn ich mich hinsetze, ist bereits ein neuer Parteichef an der Macht.

Standard: In den Siebzigern spielten Sie im Film “Berlinguer, ti voglio bene” von Bertolucci. Enrico Berlinguer war Kommunistenchef. Waren Sie ein Sympathisant?

Benigni: Meine Eltern waren arme Bauern. In der Toskana, wo ich aufgewachsen bin, gibt es eine lange linke Tradition, vor allem unter der Landbevölkerung. Das war eine sehr romantische Angelegenheit: Man schimpfte, man diskutierte und man träumte den Traum der Gleichheit. Diese Gedankenwelt ist mir immer noch sehr nahe. Ich war nie Mitglied einer Partei, aber ich habe immer gewusst, dass ich aufseiten der Meinen stehe.

Standard: Wollten Sie jemals weg aus Italien?

Benigni: Nie. Ich liebe es zu reisen. Aber auch wenn ich ins Ausland fahre, treffe ich immer Italiener. Meine Wurzeln sind tief.

Standard: Ich habe gelesen, dass Sie als Jugendlicher Priester werden wollten.

Benigni: Mit zehn ging ich für einige Monate im Priesterseminar zur Schule. Dann gab es eine Überschwemmung und ich bin patschnass nach Hause zurück. Das war’s dann mit meiner Priesterkarriere. Ehrlich gesagt, ich wollte nie ernsthaft Priester werden, auch wenn ich mich gerne mit theologischen Fragen auseinandersetze.

Standard: Ihr Verhältnis zur katholischen Kirche ist konfliktbeladen. Als Sie sich Anfang der Achtzigerjahre beim Festival in Sanremo über den Papst lustig machten, wurden Sie zu vier Jahren Gefängnis verurteilt.

Benigni: Nein, nur zu einem Jahr. Aber das Ganze war ein Scherz. Ich habe Johannes Paul II. durch den Kakao gezogen. Man machte mir den Prozess wegen Beleidigung der Religion und Beleidigung eines ausländischen Staatsoberhaupts. Dabei war Johannes Paul II. mein absoluter Lieblingspapst. Ich habe ihn auch kennengelernt.

Standard: Wie kam es dazu?

Benigni: Als ich Das Leben ist schön machte, wurde ich angerufen und gebeten, den Film dem Papst vorzuführen. Also bin ich in den Vatikan und habe mir in einem privaten Vorführraum mit dem Papst den Film angesehen. Wir verbrachten einen ganzen Tag zusammen. Es war einer der schönsten Tage meines Lebens. Wir schrieben uns dann Briefe. Er wollte mich wiedersehen und bat mich, für ihn privat Dante zu rezitieren. Aber leider wurde er krank und es kam zu keinem zweiten Treffen. Ich habe ihn geliebt.

Standard: Welche Rolle spielt die Kirche in Ihrem Leben?

Benigni: Eine große. Ich bin mit ihr aufgewachsen. Meine Eltern erzählten uns als Kinder Geschichten aus der Bibel. Wir besitzen die schönste Religion der Welt.

Standard: Aber Sie kritisieren die Kirche auch scharf.

Benigni: Es gibt nichts Gesünderes als Kritik. Der Zweifel ist Teil des Glaubens. Aber nicht der Glauben beruhigt uns, sondern die Liebe.

Standard: Als Sie in diesem Jahr beim Festival in Sanremo auftraten, lasen Sie einen Brief von Oscar Wilde an seinen Geliebten vor. War das eine Kritik am Umgang der Kirche mit Homosexualität?

Benigni: In Sanremo gab es eine riesige Diskussion rund um ein Lied, das vermeintlich gegen Schwule gerichtet war. Darauf wollte ich reagieren. Homosexuelle sind Menschen, die sich lieben. Wenn es um Liebe geht, wird alles groß und die Mittelmäßigkeit hat ein Ende. Also las ich einen Liebesbrief vor. Ich habe aus der ganzen Welt positive Reaktionen erhalten.

Standard: Sind Sie auch mit deutschsprachiger Literatur vertraut?

Benigni: Die gehört zu den schönsten der Welt. In meinem Film Der himmlische Teufel wird viel Lessing und Klopstock rezitiert. Und ich liebe Angelus Silesius. Bereits der Name ist ein Gedicht. “Die Rose ist ohne Warum. Sie bluhet, weil sie bluhet.” Ich habe mir das sogar auf Deutsch gemerkt.

Standard: Hierzulande gehören Dante, Shakespeare oder Goethe zur Hochkultur – ein Best-of-Programm vor 5000 Zuschauern würden viele unpassend finden.

Benigni: Warum? Es gibt nichts Populäreres als die Literatur. Dante hat Die Göttliche Komödie für das Volk geschrieben. Mein Vater kann weder schreiben noch lesen, aber er kann mehrere Gesänge auswendig. Genau das wollte Dante, er schrieb nicht auf Latein, sondern im damaligen Italienisch. Seitdem ich mit meinem Programm durch die Lande toure, stiegen die Verkaufszahlen der Divina Commedia ums Vielfache. Gibt es was Schöneres?

(Stephan Hilpold, ALBUM – DER STANDARD/Printausgabe, 11./12.04.2009)

Hinweis:
Roberto Benigni gastiert mit seinem Programm “TuttoDante” am 16. April in München, am 20. April in Köln und am 21. April in Frankfurt.

Satira, Dante e poesia. Benigni conquista anche gli Inglesi

Roberto Benigni per la prima volta racconta Dante in inglese, nel tempio teatrale del West End di Londra, e la platea dell’antico Theatre Royal – anche se in larga parte composta da italiani – gli regala una serata trionfale

(Il Corriere Fiorentino) – Satira, poesia, amore, e l’emozionante lettura della Divina Commedia: Roberto Benigni per la prima volta racconta Dante in inglese, nel tempio teatrale del West End di Londra, e la platea dell’antico Theatre Royal – anche se in larga parte composta da italiani – gli regala una serata trionfale. L’attore e regista toscano ha stregato gli spettatori con il suo racconto e la spiegazione del V canto dell’Inferno della Divina commedia, tutto nel suo inglese personalissimo e a tratti strampalato, ma ricco di vocaboli aulici, capace di veicolare con forza poesia, energia e l’entusiasmo commosso per la lettura conclusiva del Sommo Poeta.

TUTTOBENIGNI – Ha fatto sorridere, riflettere e a tratti anche commuovere Roberto Benigni, in azione domenica 5 aprile sul palcoscenico inglese più antico, il Drury Lane Royal Theatre, nel cuore del West End, il quartiere storico dei teatri. L’occasione era l’unica tappa inglese del tour “TuttoDante”, con la lettura del canto V dell’Inferno, ormai cavallo di battaglia dell’attore toscano, che lo recitò anche nell’appuntamento in prima serata dedicatogli giovedì 29 novembre 2007 da Raiuno, quando fece registrare 10 milioni di telespettatori con un equilibrato mix tra una prima parte di satira politica e una seconda destinata all’approccio vero e proprio con la “Commedia” di Dante . E anche domenica sera a Londra, Benigni ha riproposto questa collaudata struttura, riscuotendo, ora come allora, il plauso di pubblico e critica, pressoché unanime da entrambe le parti.

SATIRA E POESIA, ANCHE A LONDRA – «Sto parlando in inglese, nel caso non ve ne siate accorti», ha scherzato tra gli applausi Roberto Benigni.
Il comico nativo di Manciano La Misericordia ha iniziato il suo show con un monologo sull’attualità politica, non lesinando le consuete frecciate al presidente del Consiglio Silvio Berlusconi, definito “il primo italiano a Londra a fare un one-man-show”, in riferimento alla gag del premier con il presidente Usa Barack Obama durante il G20 tenutosi nella capitale britannica la settimana scorsa.
L’intervento benignano, caratterizzato dall’abituale ginnastica verbale ed esuberanza gestuale (tra scatti, movenze e uso di variopinti vocaboli della lingua d’Albione come “discombololated” e “frabbergasted”, rispettivamente “astruso” e “attonito”), è stato per gran parte dello spettacolo recitato in lingua inglese, scelta che ha evidenziato lo sforzo e la volontà del performer aretino di farsi comprendere da quanta più gente possibile accorsa a teatro. Sulla scelta dell’idioma della Regina, lo stesso Benigni ha fatto anche una battuta autoironica, paragonandosi, per quanto riguarda l’aspetto linguistico della sua performance, a “Mr. Bean che parli di John Milton in italiano”.
Nell’augusto Theatre Royal di Drury Lane, il più antico di Londra, in funzione ininterrottamente dal ’600, Benigni ha iniziato la serata, come di consueto, con la parte satirica: obiettivo preferito, il presidente del Consiglio Silvio Berlusconi e, in particolare, la sua ormai celebre scenetta con la regina Elisabetta durante la foto al G20. «Poteva fare come feci io con Raffaella Carrà», ha detto Benigni tra le risate generali. «E con Obama poteva fare come feci con Pippo Baudo, toccandolo là». Ma se l’è presa anche con i governi del centro sinistra: «Non facevo in tempo a scrivere le battute, che loro erano già caduti». Quindi ha volato alto, in termini poetici, sull’arte, l’amore, la vita, Dio, il corpo e l’anima.

L’ELOGIO DI DANTE – Poi l’elogio del genio innovatore di Dante, il racconto con Semiramide, Didone, Paolo e Francesca del sublime V canto, poi l’intensa lettura (in italiano, «perchè Dante non si può tradurre»). In platea si ride molto con le battute satiriche, ma la spiegazione straordinariamente appassionata di Dante e del suo mondo, delle invenzioni della Firenze di quegli anni, di come il poeta faccia provare delle emozioni perchè crea le parole per definirle, magnetizza i presenti. Il palco è nudo, con alle spalle solo un telo bianco, che diventa rosso per l’emozionante lettura che inizia con «Così discesi del cerchio primaio giù nel secondo, che men loco cinghia, e tanto più dolor, che punge a guaio»: Benigni sudato cambia la maschera e recita come in una tragedia, qual è il V canto. L’energia e la sincera passione profuse ed emananti dalle parole del comico toscano hanno conquistato la platea londinese, religiosamente in silenzio durante i passi più toccanti del canto V, come la descrizione degli effetti dell’amore sui due amanti e la reazione di Dante, quel “e caddi come corpo morto cadde” magistralmente pronunciato con “dizione quasi operistica” (così l’ha definita Bruce Dessau dell’ “Evening Standard”) di Benigni. Questi, come è nel suo stile, si è poi dimostrato capace di inframmezzare, a momenti carichi d’emozione, battute taglienti che sottolineano i legami esistenti tra storia passata e presente, come l’invenzione del purgatorio da parte di un papa, Martino V, interessato a “fare più soldi” avendo a disposizione maggiori masse di fedeli per le indulgenze.
Alla conclusione del canto l’applauso è unanime, una standing ovation che testimonia perfettamente l’atmosfera della serata, dove commozione e ironia sono andate perfettamente a braccetto così come lingua italiana e inglese. Questo il miracolo della vera Poesia.
Forse ci doveva essere un display con la traduzione, ma per un problema tecnico non c’è. Poco male: Dante parla a tutti, anche a chi non sa l’italiano. E alla fine, è standing ovation, tra entusiasmo e vera commozione.

Grande successo per il debutto londinese di TuttoDante di Roberto Benigni

di Nicol Degli Innocenti
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LONDRA – Trionfale debutto londinese per Roberto Benigni, che ieri sera ha presentato all’antico Royal Theatre Drury Lane il suo spettacolo “TuttoDante”, per la prima volta in inglese, ricevendo un’ovazione in piedi. Che fossero presenti quasi tutti gli italiani residenti a Londra era scontato. Sorprendente invece il grande numero di inglesi presenti, a dimostrazione di quanto anche nella perfida Albione sia diffuso l’amore per Dante. Molti naturalmente erano venuti a vedere lui, Benigni, ancora ricordato per il film La Vita è bella e per l’esuberanza con la quale accettò il premio Oscar come attore protagonista, esattamente dieci anni fa.

L’artista toscano non ha deluso, partendo dalla satira per poi passare ai versi sublimi di Dante. “Ero felice di diventare il primo italiano della storia a fare un one-man show a Londra, – ha esordito Benigni. – Però Berlusconi mi ha preceduto con il suo show a Buckingham Palace e le sue urla di Obama, Obama.” Il quasi-incidente diplomatico in occasione del ricevimento dei leader del G20 e’ stato poi minimizzato, ma, ha aggiunto Benigni, gli inglesi stanno modificando l’inno nazionale, cambiando il celebre “God Save the Queen” in “Dio salvi la Regina da Berlusconi”.

Alla satira, come sempre, Benigni abbina altrettanta auto-ironia. “Essere qui, a parlare di Dante in inglese a Londra, e’ un po’ come avere Mr Bean che parla di Milton in italiano a Roma,” ha detto, chiedendo al pubblico di correggere i suoi errori o consigliargli la parola giusta “quando mi blocco”. In realtà blocchi non ce ne sono stati e Benigni ha dominato da mattatore il palcoscenico vuoto, trascinando il pubblico con la sua incontenibile passione per Dante ma più in generale per la poesia. Per sottolineare la modernità e contemporaneità di Dante, ha ricordato che la Firenze di allora era come la City di Londra di oggi, afflitta dalla crisi, città di ingordi e avidi degni dell’Inferno, dove la rabbia di molti vorrebbe ora spedire i finanzieri d’assalto e i banchieri dai ricchi bonus. La parola finanza e’ stata coniata dai fiorentini, come ‘fiorino’, ‘banca’ e l’attualissimo termine ‘bancarotta’.

Questo e’ solo uno show, minimizza Benigni, che dice di voler lasciare il vero insegnamento ai professori. Però spiegando e illustrando la storia, i temi e i contenuti della Divina Commedia, con una lunga serie di digressioni, divagazioni e non sequitur, l’attore rivela l’ampiezza dei suoi interessi e della sua cultura con una carrellata di nomi e riferimenti da Tommaso d’Aquino a Montesquieu, da Giotto a Cranach, da Seneca a Giulio Romano, da Shakespeare a Coleridge, da Flaubert a Jimi Hendrix.

La Divina Commedia, ha detto Benigni, è “il gusto della felicità”, i suoi versi “come talismani da conservare come un tesoro per tutta la vita“. Spiegare Dante è sempre riduttivo, come “accendere una candela per far vedere il sole”, ma diffondere i suoi versi è importante. L’impressione è che Benigni non avrà pace fino a quando avrà completato la sua missione di rendere accessibile Dante e portato il suo messaggio in tutto il mondo. Dopo il grande successo in Italia, dove oltre un milione di spettatori lo hanno visto, e dopo gli spettacoli in Europa il tour di TuttoDante proseguirà negli Stati Uniti e in Canada e si concluderà a Buenos Aires. “La poesia e’ nella penna di chi scrive ma anche nell’orecchio di chi ascolta,” dice Benigni e parla direttamente all’anima della gente, “quella parte della quale nessuno si preoccupa mai, dove ogni passo rimbomba.”

Esegesi conclusa, istrionismo messo da parte, arriva il momento più solenne: la recitazione, a memoria, del Quinto Canto dell’Inferno. Nel grande teatro londinese sembra che tutti trattengano il respiro. Il silenzio e’ assoluto. Quando Benigni conclude, con la voce rotta dall’emozione, “e caddi come corpo morto cade”, scoppia l’applauso. Tutti in piedi, gli spettatori inglesi che si sentono ora un po’ più vicini all’Italia e gli italiani, ancora più orgogliosi di essere tali.

A nice review about TuttoDante in London

(The Teenage Theatre Critic) – My word this was something special. Dante’s Divine Comedy seems all the rage right now but Roberto Benigni’s “Tutto Dante” is about as far from Romeo Castellucci’s abysmal “Inferno” as it’s possible to conceive. From the off it was clear that the sheer energy and bravado of Benigni was going to be hard to resist. Seldom have I heard a man enthuse more about art and life than Benigni. Most in Britain would be embarrassed to express such love for the arts but he does it with such wild abandon that I couldn’t help but feel the same.

The opening half hour or so amounts to the most high-brow stand-up you’re ever going to come across. His English isn’t quite perfect (although it’s very impressive and he did the entire show effectively without notes) but his Tigger like energy and endless passion for everything he talked about made the slightest joke hysterical. He merely had to mention Silvio Berlusconi to have the entire audience crying with laughter. The tone shifts slowly into the more serious Dante content but the tone was never heavy with a constant stream of stories that never got dull.

He was most exposed when he got to the nitty gritty of the text and often shifted into Italian, although he tried hard not too and considering the huge proportion of the audience who spoke the language it didn’t much matter either way, but from a non-speaker it became a little confusing. His real love for the subject was entirely evident however no matter what he was saying or in what language. When he finally read the passage (Canto V of Inferno) it was like hearing a great Shakespearean actor declaiming for all his worth. I could only cursorily understand, although single words were enough to jog my memory of the hour long lesson that had preceeded. Lesson is really the wrong word; if all my lessons had been this compelling I’d be a much smarter guy than I am.

Benigni is a great entertainer but he’s also a fabulous educator, producing pearl after pearl of fascinating insight whether directly linked to Dante or not. The remarkably easy mix of comedy with textual analysis is shockingly impressive; I don’t think I’ve ever come across anything quite like this before. I left the theatre feeling that not only had I enjoyed myself thoroughly but that I’d learnt something worthwhile and even more curiously felt better about the world we live in. “TuttoDante” is a majestic, life affirming evening, a journey I’d take over and over again if I had the chance. I couldn’t have higher praise for Roberto Benigni, a true genius.

Posted by The Teenage Theatre Critic at 07:00, 6 april 2009

Trionfo per Benigni e Dante in Inglese

“Gli inglesi hanno recentemente cambiato il loro inno nazionale: ‘God Save the Queen…. from Berlusconi’” (Roberto Benigni a Londra)

(ANSA) – LONDRA, 6 APR – Roberto Benigni per la prima volta racconta Dante in inglese a Londra e l’antico Theatre Royal gli regala una serata trionfale. L’attore e regista toscano ha incantato con il suo racconto e la spiegazione del V canto dell’Inferno della Divina commedia, tutto nel suo inglese personalissimo e strampalato, ma ricco di vocaboli aulici (ancorche’ pronunciati in maniera ‘benignana’), capace di veicolare con forza poesia, energia e l’entusiasmo commosso per la lettura del Sommo Poeta.

La platea ha accolto con entusiasmo la spiegazione del V canto dell’Inferno della Divina commedia fatta dal comico toscano. Un inglese molto personale quello di Benigni che però non ha tolto nulla al suo racconto. La declamazione finale dei versi, tuttavia, è stata fatta in italiano “perché Dante non si può tradurre”.

Come di consueto l’attore ha aperto la serata con un po’ di satira. Parlando del recente episodio che ha visto Silvio Berlusconi venir ripreso dalla regina Elisabetta, Benigni ha detto: “Poteva fare come feci io con Raffaella Carrà”. Poi ha aggiunto: “E con Obama poteva fare come feci con Pippo Baudo, toccandolo là”.

Roberto Benigni at Theatre Royal – A review by The Telegraph

Italian national hero, Benigni, delivers one-man show Tutto Dante – a comical yet serious enterprise.

By Cassandra Jardine (The Telegraph)

The atmosphere at Roberto Benigni’s one-man show Tutto Dante (“Everything about Dante”) was more akin to a football match than a night at the theatre. With tutti gli Italiani in the UK, it seemed, assembled at the Theatre Royal, there were whoops and stamping feet before the man himself even bounced on stage, accompanied by circus music and whirling lights.

Benigni has long been a national hero in Italy. Climbing over the seats to collect his Oscar for the 1997 tragicomedy La Vita è bella (Life Is Beautiful) was only the most conspicuous of his acts of iconoclasm. Since the 1970s he has been adored as a satirist of Italy’s politicians. But, over the past three years, he has added to his hero status through his touring show dedicated to Italy’s medieval literary giant, Dante Alighieri, author of The Divine Comedy.

But before Benigni got down to the serious business of the evening, he acted as his own warm-up artist. His jokes about Italy’s prime minister Silvio Berlusconi raised easy laughs, but were none the less funny for that – not least because he delivered them in English. The advance publicity had said that the show would be in Italian, with no surtitles (because he improvises), so the shift was greeted with relief from the minority of the Brits – and sighs of disappointment from the Italians. “It will be like Mr Bean in Rome talking about Milton,” said Benigni. But despite his comic delivery, this was a serious enterprise, a homage to a great era of 13th- and 14th-century Italian culture.

In the years immediately before Dante (1265-1321) was writing, he explained, the Florentines (of whom Benigni is one) gave us our banking system (ho, ho), the piano and violin, the artistic breakthroughs of Giotto and the lettered notes in which our music is written. To him, however, The Divine Comedy is the period’s crowning achievement, the first poem in which the author uses “I” and reflects contemporary life.

Having never got much further than the famous first line: “Nel mezzo del camin di nostra vita,” my Italian became increasingly stretched as he explained various nuances of his chosen section, the Fifth Canto of the Inferno which deals with lechery.

By the time he reached the final section – a recitation of the poem itself – I was out of my depth. It didn’t matter. He recited the words so animatedly, but with such reverence for the 11-syllable lines, that it was like listening to great music. Millions of Italians have so far risen to their feet to cheer at the end of this show; this evening was no exception.

Roberto Benigni in London: “Dante shines through ‘discombololation’”

A review by Bruce Dessau, This Is London – 06.04.09

Diminutive actor/comedian Roberto Benigni is best known here for his Oscar-winning role in controversial holocaust film Life Is Beautiful.

In his native Italy, however, he is also famed for his live performances entitled TuttoDante, in which he celebrates his country’s Shakespeare, Dante Alighieri. The show visited London last night for a brief stopover and his enchanting appearance in front of a largely partisan crowd made the Theatre Royal feel more like La Scala.

Before a recital from the Divine Comedy this charismatic clown displayed the idiosyncratic storytelling skills that have made him a superstar. In a mix of Italian and broken English he immediately won over a crowd by excitably explaining that he was “discombololated, frabbergasted, boohaha”— his eccentric verbal gymnastics echoing his physical antics when he clambered over seats to accept his Academy Award in 1998.

A demonstration of his satirical streak came in a succession of crowd-pleasing swipes at the shouty Italian Prime Minister accompanied by a playful smile so wide it could engulf St Peters in Rome: “I thought I was the first Italian in London making a solo show, but Mr Berlusconi preceded me” he grinned. Home affairs did not escape either, with his reference to “two cassettes pornographico”.

Even with the serious business of Dante, Benigni could not resist more gags, alluding to biblical mother-in-law jokes and claiming that purgatory was invented by a pope to make more money by having more masses.

As for the notion of performing in English, he perfectly described it as being akin to “Mr Bean talking about John Milton in Italian”.

By the time he came to the Divine Comedy’s Fifth Canto, proceedings had overrun but no one was complaining. There was pin-drop silence as Benigni switched from passionate babbling to controlled, near-operatic delivery. Even for fans with minimal grasp of Italian the beauty of the poetry was apparent.

If there was a fault it was the title. TuttoDante means “everything about Dante”. This was all about the man on stage.

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